Chaussure et pied : « à la vie, à la mort » ?

Chaussure et pied : « à la vie, à la mort » ?

Les pratiques culturelles peuvent parfois, au nom de la « beauté », « d’une croyance », ou de tout autres éléments, devenir de vrais contraintes pour l’individu, notamment d’un point de vue biomécanique et développement du corps humain

http://www.fastcodesign.com/3031112/exposure/the-last-living-chinese-women-with-bound-feet?partner=newsletter#9

C’est le cas des chinoises au pieds resserrés. Dans l’objectif de correspondre au standard esthétique qui lui permettra ensuite d’accéder au mariage, la taille du pied est contrainte et limitée par le port de chaussures « réduites ».

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Le pied qui cherche malgré tout à grandir comme le ferait les racines d’un arbre, se voit suivre un axe de développement « osseux » tout a fait particulier. Les différents Métatarses du pied ainsi que les phalanges semblent de torsader et/ ou se rapprocher de la base du pied

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http://ilcourt.wordpress.com/2013/04/26/minimalisme-quels-bienfaits/

On imagine ainsi les conséquences que cette évolution contrainte peut avoir sur le pattern de marche d’un individu, avec l’absence de déroulé du pied.

De façon plus générale l’homme contraint son développement biomécanique par son activité.
Le simple exemple de la chaussure est parlant.

Image7Le port de la chaussure et son développement technique n’ont pas été sans conséquences. La recherche de confort et de performance ont en parallèle caractérisé la marche.

Prenons l’exemple de la course à pied. Votre vendeur d’articles de sport vous propose le choix entre une chaussure universelle, pronatrice, ou supinatrice. Ces orientations biomécaniques du pied sont la conséquence indirecte de l’évolution de la chaussure. Le port de chaussure contraint à terme une marche dite « naturelle » . Ainsi l’attaque du pied lors de la course ne se fait plus par l’avant pied, et l’attaque du talon permis par un amorti prend ensuite une direction particulière.

Peut-on dire que les chaussures répondent de plus en plus spécifiquement au besoin de l’utilisateur ? ou bien créent t-elles ce besoin ?


Maxime Vaupres

Comments

  1. Astrid Lerick Says: juin 4, 2014 at 4:56

    Je pense que les chaussures répondent tout d’abord à un besoin (ne pas se blesser en marchant sur un objet, garder ses pieds propres…etc) mais que nous nous sommes habitués à en porter dans toutes circonstances,donc maintenant on ne s’imagine pas marcher dans la rue ou pratiquer un sport pieds nus… tout du moins dans une société « moderne ».
    Pour autant porter des chaussures n’est pas que bénéfique… Je pense notamment aux coureurs africains qui remporte souvent les courses d’endurance… il est prouvé qu’en courant pieds nus on va plus vite, on économise de l’énergie donc on court plus longtemps car notre corps fait moins d’efforts pour compenser la mauvaise position, on a une bonne réception (les tennis incitent à se réceptionner sur le talon, ce qui provoque des chocs conséquents pour les genoux et le dos) donc moins de blessures, on n’a pas d’ampoules non plus, donc c’est tout benef !

  2. Damien Delacroix Says: juin 10, 2014 at 9:11

    Super sujet à voir avec un oeil d’ergonomie et de biomécanique. Un exemple flagrant d’une adaptation du corps (le pied) à un environnement extérieur (la chaussure) une logique anti ergonomique. Je vois en cette coutume un exemple flagrant que le corps est malléable. Tout comme les tribus avec les femmes girafes ou les tribu avec un labret au niveau des lèvres et des oreilles (Dans notre vie moderne, des personnes continue à en faire). D’un point de vue scientifique je trouve un intérêt à remarquer cette malléabilité du corps.
    Pour exemple, j’ai un tendon fléchisseur du gros orteil sectionné et pris trop tard pour pouvoir le rafistoler. Au début pour recourir c’était dur mais maintenant pas de problème!
    Sinon ce que tu dis Astrid est très juste! Il suffit de regarder Kilian Jornet le meilleur coureur de longue distance de tous les temps. Il porte des chaussures avec une architecture très intéressante. Elle est réalisée en prenant en compte son pattern de marche très en avant du pied donc pas besoin d’amorti au niveau talon. Voici le lien vers cette chaussure : http://www.salomon.com/us/product/s-lab-sense-3-ultra.html
    La liste des avantages à courir pieds nus est longue!
    Mais qu’en sera-t-il dans quelques années sans amortis sur les genoux? le dos?
    Courir nus pieds c’est bien (ou avec des chaussures minimalistes), mais il faut y aller progressivement! N’allez pas faire votre footing habituelle du jour au lendemain pieds nus… blessures assurées!

    Je conclue en disant vive Yannick Noah une célébrité vivant pieds nus!

  3. Mathias d'Estais Says: juin 12, 2014 at 11:27

    [Je pose cependant une limite à savoir, qu’en sera-t-il dans quelques années sans amortis sur les genoux? le dos? …/… N’allez pas faire votre footing habituelle du jour au lendemain pieds nus… c’est les blessures assurés!]
    Effectivement, le pieds humain s’est probablement adapté pour courir pieds-nus donc sans autre amorti que nos coussinets et nos cartilages, mais tout de même avec l’amorti déjà présent sur la piste : la savane ou les champs.
    >>> première piste : remplacer le revêtement des stades et des gymnase par un revêtement bien plus souple (je suis effaré par la brutalité des chocs reçus sur les articulations quand on fait du sport en salle)
    >>> Seconde piste : vu autrement, quand on utilise des semelles, on se met une savane sous le pied, alors pourquoi ne pas créer des semelles en paille !!

  4. Maxime Vauprès Says: juin 26, 2014 at 9:23

    Et si l’amorti de demain n’était plus dans la chaussure mais dans le talon …
    Après l’injection d’acide hyaluronique pour l’esthétique, l’injection d’acide « siliconique » pour la mécanique du pied …
    … en fait, nous y sommes presque (http://www.piedcheville.com//Avant_la_chirurgie/Les_infiltrations_/Injection_articulaire_d_acide_hyaluronique/A_quoi_ca_sert_//23/25/89/60)

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